Comme vous l’avez sans doute lu, mon but n’est pas de fignoler un article, créer un “papier”correctement écrit…non, juste de vous livrer en vrac des morceaux de ma vie de passionné de musique. Peu d’écriture, mais beaucoup de substrat, j’éspère…
Le blog DLF (http://derrierelafenetre.blogspot.com/2009/10/etat-des-lieux-communs.html) récapitule fort bien quelques écueils et certaines perles que l’on lit à longueur de journées dès-lors que l’on parcourt les blogs musicaux, notamment. Vous pouvez accéder à certains de mes blogs préférés dans la colonne de gauche.
Voici ces mots et expressions auxquels il est difficile de ne pas céder…
Album de la Maturité : employé pour parler du groupe qui réussit ENFIN à vendre un peu et à produire des trucs pas trop originaux et donc qui peuvent passer à la radio.
Boisé : il s’agit là d’une chronique d’album folk, l’auteur veut habilement suggérer par là une ambiance “maison bleue adossée à la colline” et “Joan Baez devant le feu de camp”.
On attend avec impatience l’ambiance fleurie, maritime etc, un peu comme les désodorisants pour les WC.
Bucolique : toujours pour le folk, là, immanquablement vous voyez des suédoises blondes à guitare mâchouillant une marguerite dans un pré.
Cap difficile du deuxième album : tout de suite, on sent une génération entière traumatisée par la tirade du nez de Cyrano. “Que dis-je, c’est un cap ?… C’est une péninsule ! ” Après, bon, en général, le blogueur chroniqueur journaliste aime assez dire d’un second album qu’il est moins bien que le premier, c’est une tendance de fond. Si par miracle, objectivement, le second album est meilleur que le premier, c’est un exploit ; d’où le franchissement de cap qui fait résonance avec les exploits d’un moderne Amerigo Vespucci, d’un Christophe Colomb ou mieux encore d’un Magellan. (Grrr)
Claque de la rentrée : Le blogueur musical est souvent violent, à grands coups de claque, il essaiera de faire rentrer dans vos cervelles le dernier the XX ou Girls. En général d’ailleurs, la sus-dite claque a été elle-même déjà refilée par une attachée de presse, c’est donc une sorte de vengeance. Rassurez-vous en général, vous aurez oublié cette claque dans la semaine qui suit.
Décalé est un terme intéressant à plus d’un titre, déjà si je vous dis : cette musique est décalée, vous aurez beaucoup de mal à savoir ce que je veux dire exactement. Figurez-vous que c’est normal, car quand le chroniqueur emploie le terme décalé c’est qu’il ne sait fichtre pas quoi penser de ce qu’il a entendu. Il trouve ça ni moche, ni beau, juste incompréhensible. Alors il attend l’avis de confrères pour se ranger dans un camp, en attendant, ce sera : Décalé.
Découverte du mois, de la semaine etc : rock’n folk style, depuis que les BB Brunes et les Plasticines ont été découvertes du mois , le terme est totalement décrédibilisé.
Eponyme est employé pour une seule raison (et souvent à mal à propos) : parce que le mot est joli et qu’il pose son homme (sa femme) cultivé.
Figure Emblématique : alors là, j’ai bien dû l’utiliser aussi cette expression, tellement elle vient facilement quand on pense à n’importe quel ponte reconnu dans son domaine.
Foutraque : vu, revu et abusé, foutraque ou le terme qui ne veut rien dire et tout à la fois
ex : Dans une ambiance joyeusement foutraque, les Coccinelles Mutantes nous offrent une prestation scénique enlevée.
J’ai trouvé les Coccinelles Mutantes sacrément foutraques sur leur dernier album.
Hype : utilisé comme critique péjorative d’un disque qui parfois, le pauvre, n’a pas demandé à faire la une de tous les blogs et autres webzine de jeunes.
Mélodie efficace : dans un monde où l’économie et le CAC40 sont les maîtres mots, l’efficacité règne en maître, même pour la musique. Ou tu es “efficace” ou tu crèves. Particulièrement utilisé pour tout ce qui est musique électronique dont la seule fonction semble souvent se réduire (hélas) à son efficacité à faire lever les popotins du siège pour envahir la piste de danse.
Nappes atmosphériques planantes : ça, c’est simple, ça veut dire que l’artiste s’est lancé dans une très longue séquence en général sans chant, et que ça devient légèrement ennuyeux ainsi que le prouvent les regards dans le vide des auditeurs qui sont en effet en train de faire mentalement leur liste de courses pour le lendemain.
Opus : quand le critique rock ou le blogueur en a ras la couette d’écrire album, LP, EP, il passe à opus. Opus a un côté noble et abondant à la fois qui assimile ipso facto (et inconsciemment) n’importe quel musicien lambda à Ludwig ou Amadeus.
Pastoral : on est dans le même registre que Boisé ou Bucolique (voir plus haut) avec cet avantage indéniable que Pastoral évoquera de loin aux plus cultivés Gide et Michelle Morgan, donc apportera un petit plus à la dimension rurale du folk : du rural, certes, mais du rural culturé, madame!
Retour en grâce : comme le chroniqueur s’ennuie assez souvent dans son métier, il crée de mini évènements palpitants qui maintiennent le suspens. Ainsi à intervalles réguliers, éprouve-t-il un plaisir non dissimulé à faire croire que tel groupe est fini, usé, sans créativité. Puis un an après, rebondissement du feuilleton, tel un moderne héros des Feux de l’Amour ou de Plus belle la Vie, le groupe revient en force parmi les amours du chroniqueur. Vous, vous avez trouvé que tout était toujours pareil, mais bon, si on vous dit que le précédent album était nul et celui ci marque le retour en grâce des Pompers Poppers, pourquoi pas…
Séminal : je ne sais pas trop pourquoi, d’après bon nombre de chroniqueurs musicaux, jouir ou faire de la musique, même combat. Dans un genre d’exercice éjaculatoire de nature indéfinie (et somme toute, je crois que je préfère que ça reste indéfini), les albums ou les groupes deviennent séminaux. Parce que au cas où vous ne le sauriez pas, séminal, ça veut tout bêtement dire “relatif au sperme” et du coup, je sais pas, ça change un peu le sens des chroniques où ce mot est employé…
Tuerie sans nom : c’est le principe de la claque sus-nommée mais en plus violent encore. Pour indiquer le saisissement violent qui fut le sien lorsqu’il ouït le dernier Pompers Poppers, le chroniqueur aime à sortir la métaphore imparable, le terme qui va te clouer au fauteuil que tu pourras pas la ramener : tuerie, définitif, mélodie implacable. Vous connaissiez Terminator , bienvenue à Blogator !
(merci Alain (pas le philosophe, l’ami))